Le 1er février marque le premier anniversaire du coup d’État militaire au Myanmar (Birmanie). À la demande de l’épiscopat du pays, l’AED appelle à une journée de prière après une année de terreur et de souffrance.

Soeur Ann Nu Tawng agenouillée devant les forces de sécurité à Myitkyina pour demander la paix, le 28 février 2021.

Dans les mois qui ont suivi le coup d’État, le monde a assisté, sous le choc et apparemment impuissant, à la chute du Myanmar dans la violence. Pour se joindre à l’appel de la Conférence épiscopale catholique du Myanmar du 14 janvier, l’AED lance une journée de prière en signe de solidarité et de fraternité avec l’Église locale.

Parmi les régions qui souffrent le plus de ce conflit figurent les États de Chin, Kayah et Karen, où l’armée a dû affronter des milices dans des zones historiquement marquées par des conflits ethniques. Depuis la mi-décembre, alors que la fin de la saison des pluies facilitait les déplacements, les attaques se sont à nouveau intensifiées, en particulier dans le sud-est. Ces États comprennent d’importantes populations chrétiennes.

14 paroisses abandonnées

Même s’il reste très difficile de communiquer, l’AED a appris qu’au moins 14 paroisses de l’État de Kayah avaient été abandonnées. De nombreux prêtres et membres d’ordres religieux ont accompagné leurs fidèles pour se réfugier dans la jungle ou dans des villages reculés. D’autres sont restés dans des villages presque déserts. Au cours des dernières semaines, l’une des principales cibles des attaques de l’armée était Loikaw, la capitale de l’État de Kayah. Parmi les milliers de réfugiés des zones environnantes, il y avait aussi 300 déplacés internes qui se sont réfugiées dans l’enceinte de la cathédrale. La plupart d’entre eux sont des personnes âgées, des femmes, des handicapés et des enfants qui n’avaient nulle part où aller ni moyens de s’échapper.

Les frappes aériennes dans l’État de Karen ont forcé des milliers de personnes à fuir de l’autre côté de la frontière, vers la Thaïlande. Le Myanmar est à nouveau un pays en guerre civile, frappé par des atrocités comme le massacre d’au moins 35 civils innocents à Noël, tués, brûlés et mutilés dans le village de Mo So, dans l’État de Kayah. Les frappes aériennes dans l’État de Karen ont forcé des milliers de personnes à fuir de l’autre côté de la frontière, vers la Thaïlande.

Le Père Celso Ba Shwef face à la police dans le diocese de Loikaw le 9 mars 2021.

L’Église « hôpital de campagne »

Alors que les combats s’intensifient, l’Église est confrontée à une tâche qui lui est malheureusement familière, compte tenu des conflits qui ont déjà frappé le Myanmar dans le passé : s’occuper du nombre de plus en plus important de personnes déplacées qui se trouvent sur des terrains appartenant à l’Église, dans la jungle ou dans des camps. Comme toujours, toutes les victimes reçoivent un soutien, quelle que soit leur religion. Les bénévoles distribuent de la nourriture et d’autres types d’aide d’urgence aux personnes dans le besoin.

Dans des situations comme celles-ci, les gens ont non seulement faim et soif de nourriture et d’eau, mais aussi besoin d’un soutien spirituel. Malgré les difficultés, nos frères et sœurs du Myanmar n’ont pas cessé de pratiquer leur foi. Au contraire, nous savons que la messe et la communion, parfois distribuées en faisant du porte-à-porte, restent une « grande consolation » pour les fidèles. On ne peut qu’imaginer le soulagement ressenti par les familles quand, au lieu de militaires armés, elles ouvrent leurs portes pour trouver un prêtre qui, comme un Bon Pasteur, risque sa propre vie pour rendre visite à ses fidèles.

Plus de 400 000 réfugiés

Selon le HCR, Haut-Commissariat des Nations-Unies pour les Réfugiés, le nombre officiel de personnes déplacées au Myanmar en date du 17 janvier 2022 s’élevait à 405.700. En raison des conflits armés et des troubles depuis le 1er février 2021. Le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations Unies estime que le nombre de birmans qui risquent de tomber dans la pauvreté passera à 25 millions en 2022, dont 14,4 millions devraient avoir besoin d’aide humanitaire.

Les évêques du Myanmar – individuellement, collectivement ou avec des représentants d’autres religions – ont appelé à plusieurs reprises à la fin des violences et à un retour au dialogue. Ils ont surtout appelé à la prière.

L’AED transmet cette requête et demande à ses bienfaiteurs de joindre leurs voix, dans la prière, pour cette intention le jour du premier anniversaire. La paix est ce dont a le plus besoin ce pays qui a enduré tant de souffrances au cours de son histoire. Les images de la religieuse catholique Ann Rosa Nu Tawng agenouillée devant les forces de sécurité à Myitkyina pour demander la paix, et de l’administrateur diocésain Celso Ba Shwe et d’un pasteur protestant essayant de séparer la police et les manifestants à Loikaw, sont inoubliables.

L‘AED remercie toutes les personnes de bonne volonté, bienfaiteurs et sympathisants qui se joindront à son appel.

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